18 juillet 2017

Les castors en vacances : même ronde elle tourne!

Par Le Barde et Bardibulle
 

C'est l'été. Qu'au moins un blog soit consacré à nos soirées d'été.
 
On sait qu'elles se partagent entre pala et pétanque. La pétanque se joue aux quinconces, en bordure des quais, sous la houlette d'Hamilton. La pala à la plancha sous le magistère de Kiki. Il y avait neuf adeptes de la petite balle et huit du cochonnet. Un équilibre qui ne tient qu'à un fil. La pétanque à des adeptes toujours plus nombreux. Hamilton oblige. Le Maître en est. Et Miss Perdigue itou, lors que son mâle s'échine à jouer du mur. Le Prez en est aussi. La majorité des boulistes se rend aux Quinconces à bicyclette. Pascal a opté pour le vélo électrique. La petite caisse en bois de Clos Fourtet donne à son engin un petit côté classique qui taquinent ses formes modernes. Il ne manque que Walid au bout du compte. Titi, Pierre-Yves étaient également là.
Il y eut deux triplettes. Celle du maître l'emporta comme de bien entendu. Hamilton n'a pas encore recouvré son tir. Encore quelques semaines et tout rentrera dans l'ordre.
 
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De l'autre côté les castors font front. Le jeu se fait par paire avec aux commandes notre grognard éternel. Le castor n'est plus neuf pour l'été avec sa nouvelle tenue de pelotari. Le castor accueille sa troupe. Huit ça suffit! Quelque soit le nombre tout le monde joue! Il connait la cantcha comme sa poche. Et sur l'aire de jeux entre 7 murs il renvoie toutes les pelotes. Le castor a l'oeil et sa frappe sonne juste. Perdigue est toujours de sorti, il signe présent. Lui aussi a de la frappe. Son jeu est différent. Se pelote trouve à chaque fois un mur, la ligne c'est autre chose. Peyo travaille son épaule. Dans tous les cas le trinquet se plie en quatre. deux devants et deux derrières. Lourdes est là dans son Sergio qui ne compte pas sur les miracles pour faire avancer le compteur. L'homme est compétiteur et chaque point se joue. La pelote a le vice de l'ovale. Le rebond se fait dans la frappe. Le reste c'est le décor qui gouverne la route. Dudu aime jouer devant. Pour une fois qu'il ne joue pas derrière les gros. Il se débrouille à chaque fois pour nous en placer une à la limite du raisonnable. L'amorti, le coin, l'angle qui se désespère. Le jeu se fait en roulement. Les paires se désespèrent à chaque gong final. Le roulement trouve nouveau complice et la pelote de nouvelles trajectoires. La métaphore est belle. La danse immuable. Le principe est dans le rebond, la course en percute et les limites emmurées. Un éloge à la course du vivant. Un flipper à quatre tilts. Devant Derrière, tchac, poc, fizz, tiens ding une cloche. Point de satellite sans étoile. Entre les frappeurs, les placeurs, et les fenêtres de tir tout ça nous fait courir. Le jeu ensuite se décompresse pour rejoindre d'autres boulistes.


Lorsque le soir tombe, que la nuit prend possession de la cité de Montaigne, les officiants se mettent à table. Mardi dernier, ils portèrent leur choix sur l'Argentine. Cette fois-ci, ce fut l'Italie. Rien que de très normal. Ils papotent de la tournée des Lions, de choses diverses, futiles ou pas. Kiki mange lentement. Les anciens pensionnaires ont la fourchette rapide. Le temps de l'un n'est pas le temps de l'autre même si le temps va son cours exclusif. Manger possède une incontestable touche philosophique. Titi philosophe beaucoup d'ailleurs entre deux bouchées. Et bien. Sur les ravages du temps, les écarts toujours plus prononcés entre taille et poids. Non, le temps ne nous rend pas plus léger. À l'exception de quelques uns. La nature est injuste. Non, le temps n'a pas les mêmes effets sur les uns et les autres. Assassin pour certains, anecdotiques pour d'autres. C'est ainsi.

On boit du rosé. Le rosé italien est trop sucré aux yeux de Perdigue. Kiki, lui, apprécie. Le rite de rosé rosse le rouge du trou. Oui, c'est l'été.

Minuit est passé lorsque nous rejoignions nos antres. D'aucuns sont encore à leur superbe ; d'autres remâchent leur maladresse, leur imprécision. Morphée a tôt fait d'embrasser tout un chacun. Au réveil, il sera midi et ils embrasserons l'aube d'été.

30 juin 2017

Le cuistot de Bouffe: Nouvelle Devise pour l'Amiral "Un porto et tous pour un"

Par Le Barde et Bardibulle

(Photo d'archive... Nos plumes ont du talent mais il leur reste à perfectionner l'art de la photo)

Les pigeons grappillaient des graines sur le terrain annexe. Terrain interdit était-il écrit. Les pigeons se moquent des interdits humains. Ils sont loin de la caricature que l'on en dresse. Ils vont où ils l'entendent au mépris des lois humaines. Normal me dira-t-on pour un ramier. Mais c'est une autre histoire.

Nous, les humains, nous étions de vestiaire à Musard et à Bergonié pour la dernière. Si vous préférez, nous étions derrière. Nous, c'est-à-dire onze ultimes impétrants.

Les nuages s'étaient dissipés et la moyenne d'âge tirait vers la quarantaine. Pas de vent. Ou à peine. Un léger frémissement s'échappait des peupliers, une sonate d'été. Et nous songions à Patrick Espagnet.

Le ballon tomba quelquefois. La partie fut alerte. Serge trônait. Alban aussi. Pas de Dudu. Mais Croucrou. Quelques accrocs, à peine. L'équilibre était de mise. Chacune des equipes d'y aller de son essai. Il y eut quelques éclairs, quelques gestes de classe pour saluer la saison finissante. Notre pinson voletait, orphelin de son Bardatruc parti au pays de Mandela voir le coq se faire trousser par le bock.

Le Prez en observe. Il se refait une santé. Il travaille la saison prochaine. La préparation est de mise avant tout kourou à venir.
Rappel pour nos lecteurs : « Lustrez vos queues plates, limez vos incisives , brossez poils et à vos doodles, les Archis débutent la saison en fusée !». Les boules de la fée n’auront qu’à bien se tenir. Le Prez siège sur le pré et cajole sa cuisse par Jupiter. L’élite est là ! Le Prez aussi ! La dernière est une première dans son infini. La danse du castor est ainsi. Il y a du saint et du doc en lui, d’ailleurs il court pieds nus. Sa manière à lui de marcher sur l’eau je suppose. Bref dans la beauté du genre nous conclûmes nos courses sur un essai. Nous ne jouons plus aux chronos mais bien à la marque. C’est le poids de l’âge qui accepte que le présent soit en passe. Chronos est une base de tout divin. Un brin taquin, un brin carnassier, c’est bien la seule chose qui ne s’arrête jamais et nous met l’alarme à l’œil. Autant le taquiner en terminant par un essai. Piou piou pragmatique « un essai sans suite ça n’existe pas ». Le rêve du castor qui se joue des cycles comme des saisons. C’est le Barde qui s’y colla. Il en faut de la légèreté de l’âme pour conclure en beauté. Le barde est barde. Il effleure la vie comme tous ses essais de Lumières. Il travaille dans le fond et garde le sens du trou qui reste un intervalle éphémère. La glisse toujours en réserve, l’étau se referme mais point de contact tellement la course est belle. L’expérience est dans le coup de rein et les cheveux aux vents. Un brin je t’enrhume. L’homme reste humble malgré tout. Son « l’engage » rugbystique est une manne inépuisable de l’encyclopédie universalis des castors trotteurs. Gloire au Barde !

La dernière douche d’été sur le pré. Et nous voilà direction le trou.

C'est Roro qui concluait la saison, ceint d'un tablier bordeaux, piqueté d'armoiries. JB, le Prof, le vieux quatre, et, cela va de soi, Pépé étaient là. Amélie aussi. Et la bonne surprise fut la présence de notre général. Le trou était très correctement garni. Chacun de tremper un petit bout de pain dans de l'huile d'olive en guise d'amuse-gueule. Bien sûr, l'amiral nous la joua lusitanien. Ah ! ces piments dorés que nous attrapions par le bout de la queue. Un régal. Un air de fado trottait dans nos têtes.

Dorémi fado lasido, la gamme en prend un coup et sonne pourtant juste ! Le cœur au ventre y est ! Le Portugal ne naît pas à table mais bien au bar. Les castors sont heureux. Ils hésitent à s’asseoir Roro en membre honoraire ne compte pas ses heures pour le plaisir de ses pairs. La découverte est dans le nouveau. Le marin se pose à chaque port toujours un petit peu plus riche qu’avant. Un partage toujours une aventure en soi. Quel plaisir de découvrir ses nouveaux mets du Sud. Le nom nous échappe car il ne faut pas avaler la peau. L’art sème lupins. Le jeu de mot est tiré par les cheveux mais ce soir c’est l’amirauté qui réceptionne. Dans sa valise il y a de quoi. Les lupins, l’huile d’olive, le sel pour nous rappeler que l’amer est salé. Et voilà l’assoiffé qui réclame son pastais 51. Pépé sonne les cloches. Le Portugal remplit le trou. Guitou itou. La grâce est en lui. Le castor est beau entre Stéphane et le vieux4. Guitou rêveur s’imagine au talon. Mais bon la grâce n’a pas de poste. A croire qu’il peut jouer partout. Ainsi vont les castors… Salade de pois chiches. Piou Piou sort sa calculette. « Chiche et chiche… douche ». La mouille est de mise pour tout invité. Gwen est bon. Il aime le trou et c’est faire profiter la compagnie. Tiens rigole…

La suite se fera en salade rien de tel qu’un peu de salade pour accompagner la brandade. Pour le décrire en mot pour les castors récalcitrants. La brandade de l’Amiral propulse les 3 mémés de la gamme Tipiak à la renverse sur un plaquage cathédrale en désappui. « Pirates, mes couilles, ça c’est de la Brandade maison ! »… Roro en Portugais se dit Roche tellement il est solide sur sa quille. Roche vous avez dit Roche. C’est le moment de sortir Sabite. Hauchat, et rosé s’associent à la lusitanie.

Quel lancer. Le sourire aux lèvres, la main sûre, l'Amiral faisait montre d'une rare adresse. Un vieux loup de mer, au toucher irréprochable. Certes, il y eut des mains peu amènes ; l'amiral n'y était pour rien. Et continuait sa distribution sans broncher, suivant un rythme précis. Comme une petite musique de nuit.

Le fromage vint. Deux variétés trônaient dans trois assiettes. D'aucuns y allaient d'un Saby rouge, d'autres d'un Saby rosé.

Puis, Roro, servit en personne le dessert. Un plat portugais je crois, un lointain cousin du puit d'amour dont le nom ne nous revient pas. Peu importe le nom quand on aime. Et l'on aima à bouches rabattues.

Une dernière belote de comptoir se dressa. Jeff fut à deux doigts de partir gros Jean comme devant. Un neuf bienvenu lui sauva la mise face à un petit nouveau de fort bonne facture. Serge, Titi, Hamilton étaient sortis et bien sortis.

La nuit était ponctuée de nuages. Une pluie fine tombait par intermittence. Le pavé était mouillé. Le Prez fit quelques pas de danse et chantonna un air de Dansons sous la pluie sans parapluie. Il se fendit d'un good morning au policier qu'il croisa. Comme il' n'entendait rien à la langue de Shakespeare, il n'y eut pas de suites. Pioupiou s'efforça de le suivre mais n'y parvint pas. De rage il entonna un père Abraham désaccordé, se retrouva seul face au gardien de l'ordre et manqua d'un rien de rejoindre un trou moins hospitalier.

Dans une semaine, pétanque ou pala. Nos deux P de l'été. La vie continue. Et c'est si bien ainsi.

26 juin 2017

Les cuistots de bouffe: Un tian vaut mieux que deux tu auras...

Par Bardibulle et Bardatruc



A notre arrivée, la chaleur caniculaire de l'après-midi avait laissé place à une chaleur caniculaire du soir.

Mais bon sang, pourquoi jouer dans ces conditions, le Castor souffrirait-il à l'instar de l'humanité de cet ethnocentrisme infaillible lui laissant croire qu'il est plus fort que la nature.
Quel Dieu cruel éprouve son adoration en lui imposant tant de souffrances ? Etait 'il judicieux d'emprunter ce chemin de croix sans nos deux guides absents pour cause de fourneaux ? Nos guides sont des artistes dégagés pour ne pas reprendre Desproges. Les deux font la paire du coup ça fait quatre. Il en est ainsi lorsque le calcul fait le compte. Quatre sur un pré ça fait beaucoup, sans compter les plumes. L’un joue sur la lumière l’autre sur les Lumières. L’esprit de Montaigne et de La Boétie auraient inventé le rugby si ils n’avaient pas été si préoccupés à découvrir la liberté. Eux aussi ils comptent pour quatre. L’invention n’est-elle pas une découverte en soi ? Le trou en est une réponse. La création nait du trou et vice et versa. La preuve est par sa constance. Si Hamilton ou le Barde ne jouent pas sur la pelouse c’est qu’ils sont de bouffe ou que leur corps (enveloppe charnelle plus ou moins enveloppée et plus ou moins pileuse) soumis à l’esprit soit blessé dans sa chair. Une vague a l'âme ! Vous l’avez compris, le Barde et Hamilton sont au pré comme Charlie et Dudu pour M6 indissociables. D’une petite chaine qui monte, à l’esprit qui s’échauffe. Il n’y a qu’un pas. Le Barde est poète et illumine ses percées à coup de pieds sans césure dans l’hémistiche. Hamilton toujours un œil averti et nostalgique d’une enfance qui court. « Des chérubins bien urbains. » Me souffle Titi amateur de réclame à ses heures !

Qu'importe le Castor aime le tragique et le beau, même si le jeu fut uniquement tragique.

A bout de souffle et éreinté de chaleur au bout de 10 minutes les lignes d'attaques étaient aussi profondes qu'un dé à coudre ou alors si désertiquement plates que personne n'était sûr que son coéquipier fusse un mirage ou une réalité. Les ballons tombés eux, étaient bien une réalité.

Evidemment, certains craquèrent physiquement et surtout moralement laissant divaguer leurs interprétations hallucinées de règles totalement fantasmées. Incapable de reprendre le dessus, certains chargèrent à l'épaule, d'autres allaient se prosterner devant un poteau, arrachaient leurs chasubles ou plus simplement allaient prendre leurs douches.

Il faut bien le reconnaitre, de nouveau : la nature vainquit et le Castor vaqua…à son occupation jouissive du mardi soir : la première gorgée de bière avec les amis.

Au trou, nos bergers avaient préparé avec leurs bienveillances naturelles un très bon repas.

En entrée, salade de tomates, feta, feuille de basilique, accompagnée de sa vinaigrette légère. Cette fraicheur fut grandement appréciée. Le plat fut dans la logique : tranche de tomates et courgettes au four accompagnée d'un petit sauté de lapin pour certains, porc laqué pour d'autres, c'était en fait du poulet. L’art est dans la poule. La création se tient en couche. Le tian en voilà une, tian prends en une autre. Et voilà la farandole de légume de saison. Le délice est dans la couche. L’art est visuel, le gout musical. Nous entendîmes les grillons. Les gambettes par cette chaleur se frottent. Qu’il est bon de flirter avec le complexe de la simplicité. Point de fioritures juste le noyau des choses en tranche fine. La lumière se veut jaune, verte, rouge. Les saveurs dignes des marchés de Provence. Dudu à défaut d’olives se régale en couleur. Il travaille d’habitude en négatif. L’été est bien là. Coco aussi. La transmission a sa plume et sa lumière. Les deux valent quatre. Il en est ainsi quand l’art compte double ses étalons qui poussent leur dada au loin. La Boétie cultive la liberté tandis que nos cuistots assaisonnent notre quotidien de castor. « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » reste en fond pour tout esprit épris de liberté et de lumière. Le castor poète ne le sait que trop et se refuse à tout autre commentaire. Ils siègent alors en César. Sans commentaires cette fois-ci ! La liberté il l’exprime en légumes. « Le tian n’est grand que parce qu’il nous met sur le cul ! ». On peut être outillé en littérature sans être câblé en anatomie. Le corps n’est qu’illusion et l’esprit que vérité.
 

Le lancer croisé de notre binôme aurait été parfait si certains Castors mal habilles n'avaient été destinataires de l'offrande. Un petit bout de bleu et de mimolette précéda un ananas juteux et sucré. Si le divin n'est pas toujours simple, le simple est toujours divin. Dans le dit vin nous eûmes du Sabite en rosé. L’arroseur à rosé !


La belote ne fut pas très brillante comme d'hab' et si Perdigue termina premier ex-aequo, Serge s'empara avec autorité de la dernière place ! La fin de la soirée fut l'occasion d'un échange doux et chaleureux en petit comité.

Coco, en patriarche exigeant et probablement soucieux du bien vivre, s'enquit avant de partir, de l'avis d'un stagiaire sur le club des Archiball. La réponse fut simple : c'est là que je reviens tous les mardis, mossieur. Etait-il satisfait de cette réponse parmi mille possibles ?
 
 
Aucune certitude, toujours est-il qu'il peut être fier d'avoir été le créateur de ce club il y a bientôt cinquante ans si les médecins arrête de l'emmerder !