17 mai 2018

PORTO 2018 : Correspondances amirales

Missives rédigées par Bardibule


PORTO, Região Norte Potuguesa
Lettre adressée à Alain-Charles Vannier dit le vieux 4



C’est avec un dévouement sans nom que j’ai accepté cette mission. La conquête ne se fait pas sans prière et les miennes sont restées parfois vaines. Plus jamais ma croix se fera en doodle. Je confesse ma naïveté pour crier gare à la marée. La solitude est propre aux hommes de la mer. La joie m’envahit à savoir que tout est maintenant bien calé sur le papier et que tu seras à mes côtés. Tu es mon fidèle parmi les fidèles et je te prie de me prêter de ta voix pour accueillir tous ses jeunes à la conquête de Porto. Ma douce est bien présente dans mon périple et je garde à mon chevet les mémoires de Fernao de Magalhaes. Le premier à nous faire tourner en barrique et à arrondir les pensées plates de notre époque. Seul ce découvreur et notre Coco éternel en ses seins ne connaissent les ingrédients de la réussite d’une telle expédition. Les castors qui me sont chers me poussent à croire que dans toute queue plate sommeille un découvreur qui vénère son trou.

Ton phare éclairé
Almirante



BORDEAUX, Région Nouvelle Aquitaine
Lettre adressée à Roland Delacour dit l’Amiral


Je viens d’accueillir ta missive. Mes cours de chants et les vallées d’Euskadi me demandent du temps mais me donnent en retour la patate. J’ai lu récemment que Newton a trouvé un principe qui donne à la pomme une dimension qui l’écarte du plat à tarte. Une question de physique qui me choit sur le cul. Pardonne mon langage, tu me connais j’ai la voix qui porte et ma plume reste toujours tranchante. Mais cette découverte que nous jouons au rugby sur une terre qui est ronde me met la tête à l’envers. Je dissimule ce nouveau savoir à notre Gwen de peur qu’il redoute à lâcher la balle. J’arriverai en tête de pont pour t’assurer les arrières. Je connais les cocos de Coco. Jusqu’à la dernière minute ils n’en rateront pas une. Les frontières sont ainsi certains les franchissent d’autres les subissent.

Ton fidèle.
Le vieux 4



PORTO, Região Norte Potuguesa
Lettre adressée à Alain-Charles Vannier dit le vieux 4

Je leur prépare un combat à la première heure. Finies les ballades que nous garderons pour la fin. J’ai ouïe dire que Grognard aiguise ses crampons et astique ses armes d’antan. Il en a le vieux bougre des histoires qui nous bottent ! L’homme a du talent et ne redoute que le temps. Cela sent bon un mélange l’expérience à la tête et des pattes en relève. Pour le passage suivait mon panache. J’ai eu écho que doc s’entraine pieds nus et travaille des Uchi-Mata digne d’une cathédrale. Nos nouvelles découvertes dans le levant nous donnent des techniques de frappe chirurgicale. Point de plaquiste qui le dénigre. A ce propos, as-tu des nouvelles de Cambo ? Il ne répond pas à mes tourterelles…

Ton faiseur de noeud
Almirante





BORDEAUX, Région Nouvelle Aquitaine
Lettre adressée à l’Amiral


Arrête les tourterelles, notre plâtrier n’a de cesse de les transformer en ritournelles. Le castor comme d’autres a soigné ses valises et sera de douce compagnie. Il m’assure sa présence et déplore une technologie d’un lien qui se veut virtuel. La mixture nécessite un savant mélange pour que ça colle. Il cite à sa guise Plaute « On a trop d’enduit à être beau ». Une devise qui dévisse. Je pars demain tout est bon dans notre cité de Bordeaux. Tout le monde de mon côté est prêt. Titi héraut de la première heure n’a de cesse de chanter qu’être trop avare en pigeon ne permet pas une bonne communication. Foi de castor, pour communiquer faut parfois sortir des coups de plumes et faire raisonner les coups de gueules. Pas de conquête sans vents…

Ton précieux,
Le vieux 4







PORTO, Região Norte Potuguesa
Lettre adressée à Claude Boué dit Coco



Qu’il est doux d’avoir auprès de moi tous ces fidèles castors. Nul doute que ton absence nous laisse un vide que tout le Porto du monde ne pourra soulager. Mon ami, dis toi, que nos castors se sont bien défendus sur les terres du Douro. Nous pouvons dire maintenant que les castors sont Douro Mâles. Les Portos Old Greens avaient bien travaillé leur défense. Leur bastion était solide et la pelouse synthétique. Nous nous vîmes 16 en arrivant à l’aéroport et nous nous vîmes 15 ans à la fin de notre rencontre. Le nombre et leur préparation a fait la différence. Seul le caractère de notre jeune équipe a su nous préserver de la marée et même de marquer l’ultime essai. Preuve en image. Cela se nomme vidéo, c’est nouveau il suffit de cliquer dessus. Le score au final est de 3 essais contre 1. Avec une étoile à notre Pascal qui en bon philosophe a su placer son Uchi-Mata. Le Japon comme Porto est une terre d’accueil qui mérite ses envoles. Nous pouvons confirmer que de Porto nous pouvons voir les flèches de notre belle cité girondine. A son réveil, notre renversé confus ou sonné a même cru voir un Tarbais à l’île de Ré. La réception fut intime dans le « clubbe » du club. La ville ne s’embête pas à des artifices du langage ou d’architecture. Elle est taillée dans le roc. Pave retro patatas. Mon latin est bien loin comme toutes ces nouvelles terres à découvrir en équipe. Mais bon, la table en présidence et un mélange de circonstance. Bracelet d’or oblige. Savais-tu mon Coco que les portugais du « clubbe » parlent français comme des vaches marocaines. Et que notre Prez en grand polyglotte de tradition parle français en portugais qui parle français comme des vaches marocaines. Il est bon notre Prez. Gloire à lui et à tous ses prédécesseurs qui ont fait bonne école. Le castor s’adapte et sort son doigt. Heureusement que notre langue commune se fait dans l’amitié. Et Porto à ce sujet protège une langue universelle. Merci à nos hôtes et à charge de revanche pour nos 50 ans à venir. Nous espérons…

Ton gouvernail
Almirante


                         


BORDEAUX, Région Nouvelle Aquitaine
Lettre adressée à l’Amiral


Tu es un brave, Parmi les Braves. Tes nouvelles me sont réconfortantes et je ne doutais pas de ta performance. La victoire ne peut nous sourire sur le pré à chaque fois et nos castors se préservent en alimentant notre patrimoine avec de nouvelles histoires. Je fus rassuré en découvrant que vous ne partiez pas en train. Dieu seul sait qu’il ne te réussit point. Mes aïeux ! Confondre l’alarme d’arrêt d’urgence et le levier de la porte. Je t’assure mon amiral que sur ce coup tu aurais pu perdre un grade. C’est un pacha qui te parle. Les larmes de nostalgie me remplissent de joie en ce souvenir qui aurait pu tourner au vinaigre. Clin d’œil aux cornichons sur place. Je vois que Porto est maintenant tienne et que tu as su nous en faire vivre les moindres recoins tant d’architecture que gastronomique. J’ai entendu dire que le vol Porto-Bordeaux a volé à basse altitude. Surpoids en bagage. Le mélange te correspond il est de Terre et de Mer. Ca m’embouchure un coin ! Porto est ton amour et tu as su nous en faire vivre les moindres recoins.

Rappelle-moi, tu n’avais pas promis les saveurs inoubliables d’un restaurant brésilien à Porto ou mon imagination me joue des tours.

Ta mémoire vive
Coco







PORTO, Região Norte Potuguesa
Lettre adressée à Claude Boué dit Coco


Les castors étaient en charmantes compagnies et mon devoir de marin des hautes mères m’a poussé à émoustiller tout leur sens. Le moteur était dans la rencontre, le reste se fit dans les méandres d’une cité en contrefort. La pente fut raide pour les talons hauts mais exquise pour le talon. Le pilier du plaisir se fait dans une cène. Le sacré du partage s’est toujours fait autour d’une table. Que l’on soit dans un jeu à 12 ou à 15. La chair est ainsi et la crapahute donne faim. Piou Piou a trouvé son Bacalao et sa francesinha. Et pendant ces trois jours, nous profitâmes du seul béret qui trouva couronne sur la tête de son Escassut. Sacré repère pour les castors. La Jacquouille est un sacré bonhomme. Le Tuk Tuk pour lui est une mélodie du bonheur surtout sous une couverture. Domi le compare à l’ultime du silence. Il y a toujours une anguille sous roche quand le silence fait trop de bruit. Il est rare de se retrouver ainsi. Il n’y a pas de plaisir sans une bonne table et j’ai gardé le summum pour le dernier soir. Porto est une ville qui pousse les éléments à se rencontrer. Et là mon Coco pour mes castors la terre, la mer et le soleil se fondront dans un tableau que même Marie Laurencin clouera le bec aux paroles d’un été sans Dassin. L’été indien c’était avant la découverte de l’Amérique je suppose.

Ton cuistot de bouffe
L’amiral



PORTO, Região Norte Potuguesa
Lettre adressée à l’Amiral



La suite fit jour et la ville nous était bien promise. Point de monture aussi douce que tes Tuk Tuk. La ville est riche en histoire. Le principe de ses caves en sommeil Porto loin la transformation du raisin. Sabite écoute et réfléchit à ce patrimoine qui fait penser que la terre est ronde comme un raisin et bleu comme une orange. Le mélange de Gaïa dans son Porto. L’accueil de notre hotel Reis de Gaia pour loger le gros des troupes. Nous nous partageâmes pour inventer plein d’histoires. Rien de mieux pour vivre la ville en économie qu’une colonne de Tuk Tuk. La Casa Musica m’a fait perdre mon alto pour culminer dans l’extase d’un vibrato architecturale. Tous les archis du coup pensent en météorite. La vieille ville se fait à petit pas et mérite des ballades. Quartier libre en primes. Et nous pénétrâmes à l’intérieur de la cité. En bref la ville est belle, les ponts sont hauts et les castors n’ont pas peur de l’eau.

La météo on s’en branle. Tu as pensé à tout. Le bon marin se joue des forces de la nature. Tu me l’as toujours soufflé pour rentrer en mêlée.

Merci mon ami. Merci à ta belle. Merci pour toutes ces nouvelles pages bien remplies dans les contes sacrés des castors. Les anecdotes de Kiki en sacré plus. Le Tarlouzain, Perdigue, Maxime, Bernard, Domi, Fajolles, Gary Grant, Alain, Toto, Zinzin, Bernard, Fayou, Croucrou, Bardibule, le poulpe, Peter… et tous ceux qui se sont fondus dans nos lettres te remercient. La plus grande découverte est celle qui traverse le temps. Féminin en prime. Tiens j’ai une chanson qui me vient. Lundi patatach, mardiche patatache…

Bises mon ami !
Le vieux4









QLCVP

Le cuistot de bouffe : Le coq Guitou et sa cour

Par Le Barde et Bardatruc


Le printemps taquine l’été. Il y a encore un zeste, une pincée de fraîcheur. Le ciel était bleu, parsemé ça et là de nuages. Nous étions une vingtaine.


D’abord sur une moitié de terrain, puis sur toute sa longueur. L’équipe la plus âgée joua de sa maturité pour prendre le dessus sur celle qui possédait le plus de cannes. Le rugby ne se réduit pas à la seule dimension physique. La passe compense la course. Son bon tempo est une redoutable arme offensive.
Nous eûmes la joie de compter Pascal Roumegou parmi nous. Pieds nus comme aux plus beaux jours. Hervé Delage avait suivi sa tendre Piballe. Pas de Tarbais, mais Sergio. Perdigue nous rejoignit sur le tard. Comme d’ordinaire. La vigne est exigeante.
Notre Bardatruc, las des coups de pieds de renvoi trop longs eut un petit instant de folie. Il saisit la balle et courut pour la replacer au centre du terrain sous l’œil circonspect de Dudu. Puis, il retrouva la sérénité. Un coup de sang par le geste, ça a quand même de la gueule. Perdigue, lui, occupé par sa course, comme il filait à l’essai le long de la ligne de touche, laissa choir le ballon alors qu’il n’était plus qu’à quelques encablures de la terre promise. Il ne s’en remit pas et traîna sa mélancolie sur le pré comme une âme en peine. Don le prit en pitié, lui offrit des espaces ; il n’en voulut point.

Au trou, Guitou régalait. Avec son raffinement coutumier, il avait disposé sur toute l’étendue de la table, une gamme de légumes de saison dont les couleurs se mariaient avec grâce. Pour la décalque, de l’aillet et du céleri cru, pour la couleur des tomates cerises et des carottes, pour le croquant du chou-fleur. Une véritable provocation pour les veganophobes et autres carnistes. Non conformiste mais soucieux de cette addiction du rugbyman à la charcuterie, il avait tout de même prévu quelques terrines de pâté en quantité très confortable.

Puis arriva le coq au vin accompagné de pommes de terre digne de la cantine Air-Inter de la belle époque ! Celle des hôtesses de l’air triées sur le volet, souriantes voire séductrices puisque confiantes en la bonne éducation des passagers. Celle du plaisir de fumer un gros cigare à bord et manger dans des assiettes en porcelaine de limoges. Celle où il était possible d’émerveiller les enfants en les faisant entrer dans la cabine de pilotage. Tout cela, c’était un peu grâce à Guitou lorsque vous faisiez escale à Bordeaux. En effet, reconnaissons-le, à cette époque on ne venait pas à Bordeaux pour le tourisme. La ville était moche et sale. Rien à voir avec cette beauté insolente faisant passer Paris pour un cloaque surpeuplé recouvert d’un nuage de pollution et imposant aux Bordelais d’accueillir ces naufragés pétés de tunes mais assoiffés de qualité de vie. Oui, Bordeaux est devenue la plus belle ville de France, c’est un fait intangible.

Guitou est élégant. Lorsqu’il sacrifie au rite de l’assiette, son port est digne. Et il exécute ses devoirs avec une nonchalance feinte, efficace. Il y eut peu de déchets. Tout le monde n’était pas au diapason.

Le fromage en quantité fut apprécié et les desserts hétéroclites finirent de remplir les ventres repus.

Une vaste belote de comptoir se dressa. Le Prez entama les hostilités par un cabanon, sorte de baraque non tentée alors qu’il y avait une super-baraque à gagner ! Et sortit en tête avec Titi. Perdigue perdit l’ultime duel avec le bardibule. Toujours à sa nostalgie.

La nuit officiait depuis quelques heures comme nous sortions du trou. La ville était calme. Hamilton et le Bardatruc enfourchèrent leur cycle. Don pensait à ses hémistiches. Guitou était déjà dans les bras de Morphée. Le bruit du temps était loin, si loin ; la vraie vie est au trou et sur le pré.

07 mai 2018

Le cuistot bouffe: Pintxe qui roule n'amasse pas l'houmous

Par Le Barde et Bardibule


L’été musarde sur le pré. Pourtant, nous ne fûmes guère nombreux. Les perspectives portugaises sans doute. N’importe, la petite poignée s’en donna à cœur joie. Certes, elle fut assez maladroite. Les passes, laissèrent à désirer. Allez savoir pourquoi. Elles étaient molles, imprécises. Comme si elles ne se sentaient pas concernées. Même Seb avait les bras floconneux.

Titi nous rejoignit sur le tard. Perdigue itou. Sergio officiait en maître de ballet, comme d’ordinaire. Le rugby est une danse, une gigue, un rondeau, une passacaille. Il a de la suite dans les idées. Une suite française, anglaise. A ce jeu, Alban est un parangon de justesse et d’équilibre. Il met le rugby au diapason de Bach.

Des essais, il y en eut. Tom et le doc étaient en verve. Ben rouspétait un peu. Les étoiles au ciel faisaient un doux froufrou.

Au trou, la Pintxe était aux abois. Le castor a le doodle sensible. Il aime ses castors et les abreuvent à souhaits derrière son comptoir. Ce qu’il y a de beau dans la pintxe, c’est son sens de la répartie. Et pour les amateurs de bon jeu, qu’il est bon son port du protège dent. Le castor se connaît il défend tout ce qui ne peut se défendre. C’est sa nature. Et l’insoumis se connaît. Il pourrait mordre. Le protège dent porte mal son nom. Car l’objet à protéger n’est pas sa monture mais les autres. Il y a du Sartre dans chaque penseur qui se veut libre. Pour la bouffe, l’insoumis dégagé s’est libéré de son couvre-chef. Il revient vers d’autres racines plus grecques. Allez savoir pourquoi ? Un séjour à corps fou. Lieu de pèlerinage, brin de folie ou de retraite sans grève pour tout artiste dégagé. Corfou, mon amour ! L’engage vient à soi et du coup l’homme est nostalgique et nous ramène à l’origine. La pythie vient en mangeant ! La pintxe en messie de l’offrande a multiplié les pains. Pépé ne l’a jamais fait ça. Le béret en amateur aime sa baguette. Le grec côté baguette préfère la jouer lune. La mie reste insoumise au dictat rigide qui nous mène à la baguette. Le rond renvoie au féminin. Du coup pitas à table. La diversité et le partage nous libère des manichéens. La trempouille et la tambouille ont vite eu raison de l’houmous. Les retardataires pleureront l’entrée. L’humeur est versatile et l’houmous volatile…

La suite se fit prier. La pensée suit son chemin. La rédemption garde sa phonétique. L’houmous devient moussaka. Le drame se veut dans le bio. La nature est parfois cruelle. Le mélange se veut dans la qualité. Tout était fait pour que les ingrédients individuellement nous offrent l’extase du décalque. Le cuistot choya la qualité individuel de l’aubergine, de la tomate et de la pomme de terre pas d’insoumis sans idée à contre-pied. Le Barde compte l’hémistiche sur la question. La moussaka dans le bio mijote. Le fromage pour le bardatruc reste un sujet de controverse. Il respecte le protocole tout en lui disant merde. Le Merde chez la pintxe est un geste authentique d’amour. Il vise le changement dans l’équilibre d’une oppose.

Le rite du fromage reste un hommage à l’homme. Le castor aime la douceur du lacté. Un rappel du sacré qui dans la protéine trouve ses lipides. Le sacré s’incorpore et nous éloigne du cannibale ancestral. Pourquoi manger son père alors qu’une pomme suffit pour foutre la merde. Eve lève-toi ! Julie le chante pour l’occasion. L’homme est un loup pour l’homme. Et le loup ne fait pas de fromage. Bref, la fermentation, du dit lait on s’en branle. Pourquoi manger du fromage alors qu’une orange qui vient en vélo d’Espagne peut faire l’affaire. Le latin se fout du grec apparemment. Le berceau du polythéisme est revenu à son plus simple appareil. L’animisme prête au lait le berceau de toute culture. Sein prié pour nous ! Et les chèvres ne sont pas faites uniquement pour le décor. La pintxe sur le sujet a choisi son camp. La tradition c’est fait pour nous protéger d’une culpabilité existentielle et nous rattache aux tabous du crime fédérateur. Peuple réveillez-vous ! Ne bouffez plus de fromage ! Dites non au fromage ! L’enfer c’est le fromage ! C’est le propre du détournement d’une pensée à libre où je ne m’y connais pas.

L’assiette n’est pas insoumise dans les mains de notre Bardatruc. Il est aussi à l’aise ballon en mains, mots en tête qu’avec ces petits disques en faïence où vont nos mets ultimes. Très peu de casse. N’était Amélie, trônant en bout de table. Il ne put saisir l’assiette devenue palet qui, faute de quelques centimètres, faucha verres et autres ustensiles.

Pas de fromages. Notre antienne retentit dans le vide. Pas de fromages mais une salade d’oranges parfumée de ça elle. Une douceur bienvenue.

Vint le temps de la belote. Nous étions sept. Comme les nains du conte. Perdigue avait des ambitions plus grandes que sa main. Il se fracassa contre la réalité. Il parvint, cependant, à tirer son épingle du jeu. La dernière place se joua entre le barde et Didier. Un neuf permit à l’ancien dix d’avoir les quatorze points nécessaires pour ne pas partir bredouille.

Tendre est la nuit murmura le Bardatruc en sortant du trou. Sa besogne était faite et bien faite. Hamilton comme d’ordinaire abordait le bitume à bicyclette. Le bardibule en regardant l’étoile du berger chantonna Love me tender.