20 novembre 2017

Le cuistot de bouffe, Yann en Bleus de travail

Par Le Barde

Nous étions une douzaine je crois, je ne sais plus, Je me souviens plus très bien ; j'ai la mémoire qui flanche. Nous n'étions guère nombreux en somme. La faute à l'hiver peut-être, ce qui serait un comble. D'autant que nous sommes encore en automne même si les nuits sont hivernales. La faute au match des B, Blacks et Bleus ? Sans doute. Et pourtant, ce monde numérique permet de partager une passion en la séparant, ce qui n'est pas rien, on en conviendra.

Il y a avait des cannes à Musard : Dom, Tom, Jeff. Et peu de Vieux. En sorte que le toucher ne fut pas aussi fluide et tactile que d'ordinaire. Il n'y a pas que le numérique qui repose sur le digital. Le rugby est un jeu de mains. Dire que les joueurs ayant bataillé saisons après saisons sur le pré font de vilains vieux n'est pas tout à fait vrai.

La partie fut équilibrée. Les doigts gourds laissèrent bien tomber le cuir de temps à autre. N'importe. Et puis, il y avait Perdigue. Une étincelle fait l'automne, l'hiver et pas seulement le printemps. Ou une hirondelle ; c'est tout comme.

Pendant ce temps-là les B Bleus faisaient mieux que se défendre face aux B Blacks. La perfide Albion porte parfois bien son adjectif ; elle avait commis l'un des siens au sifflet. Pour le plus grand bonheur des B Blacks qui se virent épargnés d'un carton rouge et d'un essai de pénalité. Pépé fulminait devant son poste.

Au trou, une barbe poivre et sel seyante à souhait, Marko taquinait la carte, avec un sweat aux couleurs du stade Rochelais. Pépé fulminait de plus belle. La Jacouille était benaise. Yan (Larroumecq), affublé d'un tablier de demoiselle assurait son devoir. Un hommage à Jacques Demy.

Un pain de poisson, avec de petites touffes de mâches et une sauce aurore ouvrait les hostilités . Qui dira les vertus de la mâche (Valerianella locusta), aussi appelée blanchette, boursette, clairette, raiponce, oreillette ou oreille-de-lièvre, valérianelle, valérianelle cultivée, herbe des chanoines, salade de blé, doulcéta, doucette, gallinette, rampon, ramponnet. 

Qui dira les charmes de notre langue bien aimée.

Puis vint un poulet gratiné avec une sorte de sauce béchamel et son comptant de riz. Un régal. Amélie appréciait. Le Prez aussi. Le Sabite était le bienvenu. Notre Jean-Phi, lui, il aime la perfide Albion lorsqu'elle se conjugue au féminin. C'est d'ailleurs ce que lui faisait remarquer Amélie. Pépé fulminait toujours malgré les tentatives désespérées du Tcho pour atténuer son ire. Le poulet n'y faisait rien. Par bonheur Yan n'avait pas gratiné du coq.

Le lancer d'assiettes fut presque parfait. Seules deux comparses ne trouvèrent pas preneurs et se brisèrent sur le carreau du trou. Pioupiou ne nous épargna pas sa chanson monotone et pour tout dire casse-couilles. Pioupiou qui ne quitta pas son manteau noir et strict. Comme s'il tenait à arborer son côté cours Georges Clémenceau. Guitou lui manque.

Un sublime mélange de fromage suivit : Comté et Cantal. Puis un gâteau au chocolat avec de petites boules pâtissières fourrées à la confiture.Nous étions repus.

Il était temps de passer à la belote. La folie des uns fit le bonheur des autres. Point n'était besoin d'avoir une main pauvre pour l'emporter. Les baraques annoncées firent florès. Et les pauvres en mains d'accumuler les points.

La nuit était belle. Une nuit d'hiver pure, parsemée de diamants. La petite chambrée regagnait ses pénates. Pépé rageait dans son lit. Le Tcho, lui, s'endormait comme un oiseau en laissant échapper de ses lèvres de petits trilles mélodieux.

12 novembre 2017

XVIIeme open de Golf ARCHIBALL: Un 18 par XV!

 Par Bardibulle

Le mois d’Octobre touche à sa fin. Nous nous rapprochons vers la réunion des tous les saints. Le mois se balance des vierges et se prête à d’autres signes plus piquants. L’hiver arrive. Du coup les castors se préparent à d’autres rigueurs. Domi de son côté a accompli son rite. Et pas des moindres… Le fameux Open de Golf des Archiball!!!

Le XVIIème Open de Golf Archiball a bien été une réussite. Gloire à Domi !

Le jour se prêtait aux superstitieux et pourtant rien ne fut laissé au hasard. Freud tire sur sa pipe et sourit. Notre vision sur l’inconscient aurait-il été différent si l’analyste avait joué au golf ? Les queues plates aiment les nouvelles rencontres et s’épanouissent dans celles-ci. C’est trop de la balle ! Piou Piou recommande un seau pour le practice. « On me dit d’envoyer, j’envoie ! ». Heureusement que son passé traiteur et boules de gommes reste présent pour le bon devenir de tous ces trous. La phénoménologie castorienne nourrit son énigme en sandwich. Bref, le Saby est en couverture pour la désaltère et petites bulles de compagnie pour les assoiffés du trou. Gloire à Lolo and co !

Le soleil donne soif et le plaisir de parler aussi. Domi conduit la barque. Le castor aux commandes ne laisse rien au hasard. Même le soleil suit la bête. Le rite est vraiment sacré. Point d’éclipse ou de nuages à l’horizon. Seules des pluies de balles pour le contrecarrer les lois de pesanteur. L’universel se joue à grand coup de clubs. Les équipes faisant de sacré paires. Même des castorettes se sont prêtées aux joies du club. Le trou a des principes, l’organisation sans impers et oui le soleil reste roi.

Nous eûmes du grand Guitou. A son habitude le castor voyageur brille dans sa nature. Le dernier putt scella la journée pour une réception réussie elle aussi. Nous découvrîmes nos partenaires joueurs et de nombreux castors réunis en tables rondes. « Tiens du Saby ! Du rosé au Rozier il n’y a qu’un pas ! ». Gloire à Saby ! Des délices autour du mot d’accueil d'un Prez en lumière jusqu’à la fin de la nuit.

L’ambiance pousse à la danse et les castors sortent le doigt. Coco est aux anges. Il en est toujours ainsi quand les castors jouent autour de 18 trous. L'ovale poursuit sa ronde pour toujours de belles rencontres...

Le cuistot de bouffe : Luc et ses drôles de dames

Par Jeff

Que c'est bon le mardi, quand on sait qu'après une bonne journée de travail on va retrouver les copains sur le pré et partager le repas au Trou

Nous étions 13, le temps semblait frais, ce qui dû freiner quelques queues plates, mais vite idéal quand les organismes s'activent.
Pas de Regis, ni de Barde et la motivation exacerbée du poulpe m'ont poussé à me proposer pour ce compte rendu, ceux qui me connaissent savent que je ne sais pas dire non au déraisonnable... 

Une équipe a vite pris le dessus sur l'autre mais le plaisir de jouer l'a emporté sur les balles tombées, les mauvais choix et les quelques "en avant" concédés ou non reconnus. L'implacabilité de la règle prenait le dessus sur les interprétations de chacun.

La phrase du jour restera celle du tarbais, qui en partant seul comme un frelon sur une remise en jeu arrêtée lança : "Dudu à hauteur!"

Le fou rire pris certains castors nonobstant la Vista de notre aîné qui faisait briller ses partenaires et parvint par 2 fois en terre promise.

Zeille nous laissa terminer en nombre pair, certains diront qu'il ne compris pas que l'on siffle un en avant à Perdigue qui lâcha le ballon en aplatissant, au nom du beau jeu.... il y en avait eu tellement non sifflés, il avait peut-être raison...
Cela ne l'empêcha pas de nous attendre au trou ou d'autres nous attendaient déjà. 

Luc Boneau était de bouffe, mais il traita sans entracte avec notre traiteur intraitable sachant traiter sans traîner cette tirade de traînards tiraillés entre l'attrait de la tireuse, qu'ils traitent d'un trait, et l'entrée qui trônait à travers le Trou.

(Petite allitération comme une dédicace à notre Barde à qui une figure de style manquerait).

Pépé et le Tcho cernaient notre cuistot et les 18 convives purent goûter un velouté de cucurbitacé avec une noix de crème et de la ciboulette... un régal

Puis arrivèrent des patates (en chanson biensûr), puis du jarret et lard, puis du chou, puis de la Saucisse de Morteau, puis de la saucisse de Toulouse.... il en arrivait de partout... tous les chemins mènent à l'homme (comme disait une amie) pour se retrouver en une belle choucroute servie généreusement comme il se doit, voire plus....

Tous repus et ayant du mal à en finir avec la profusion venant de l'est, c'est l'ouest qui revint à la charge avec du camembert fondu, c'est léger avec des endives..... Le dessert passa tel un éclair et beaucoup conclurent que le Get27 aide à la digestion, de toute façon nos panses étaient aussi chargées que nos pensées en sortant d'un trou...

Que c'est bon le mardi soir....







Par Le Barde (absent ce soir là...mais toujours présent !!)

Une petite pluie fine s'était invitée sur le pré. La gonfle était humide. Nos pauvres mains se tendaient et se retrouvaient gros Jean comme devant ou grosses Jeanne.s si vous préférez. D'aucuns ne s'en laissaient pas compter et, faisant fi de la bruine, saisissaient l'offrande sans l'ombre difficulté aucune.  Au cul écrirait Perdigue dont on sait l'âme callipyge. 

Pas un barde, pas une lyre, pas une plume sur le pré. Personne pour filer la métaphore du pré devenu page. En sorte qu'il me revient à moi, Jacouille, de chanter ce qui fut. Par chance, j'avais rechaussé les crampons. Un charcutier vaut bien un scribe. Métiers à mains, métiers de coquins. Et de m'en donner à cœur joie, mesurant la beauté de mes restes. Je fus sublime, transperçant sans relâche des digues imaginaires. Une feinte de passe, un cadrage débordement ; tout y passa. Les offenses du temps sont une vue de l'esprit. Je dansais, virevoltais sous l'œil émerveillé de ma progéniture. Oui, le pré est un miroir où je me mire.

Car, à quoi bon parler d'autrui lorsque l'on est autrui à soi seul. Oui, je suis un monde, moi la Jacouille. 

Je regagnais le trou, repu de mes exploits. La pluie avait cessé. Sitôt franchie la porte, j'entendis la voix de mes vieux bien aimés. Luc était de service. Converti à l'œuvre de Bashô, il nous offrir un repas d'ermite. Et pour chacun et scanda le temps du trou par des haïkus.

Haïku de l'entrée
                  Quand le cul te pelle
              rentre au trou, ouvre la porte,
                tu connaîtras la lumière
Il y avait force sushis. Comme un hommage bariolé à l'empire des signes. Le Vieux quatre s'empiffrait. Tous d'y aller avec délicatesse et baguettes. Les arômes du saké parfumait nos narines. Des touffes de thon cru, des miettes de dorade, de très fines lamelles de légumes étaient ceintes par le riz. Et je songeais à Sylvia Mangano. 

Haïku du plat principal

           Après le cru, le cuit,
        le fruit de ses chasses
           ennoblit le cueilleur


L'okonomiyaki suivait. Luc avait disposé, sur une plaque chauffante située au centre de la table, une sorte d’omelette. Okonomiyaki veut dire « ce que l’on aime » et « grillé ». Griller ce que l'on aime pour épouser les plaisirs de la vie, voilà une philosophie qui se tient. Les castors avaient la baguette alerte. Il ne resta rien. Luc contemplait ses bienfaits. Il était heureux. Il nous conta quelques histoires qui sont maintenant du passé. Des anecdotes. La tablée les dégustait avec autant d'avidité que l'okonomiyaki.

Haïku du lancer
      
           Assiette, lune de porcelaine
            tu vas ta course chaotique 
           dans l'incertitude de nos  mains

Il n'y eut pas de fromages. Par contre, Luc nous offrit des desserts du soleil levant. Maki, nijiri et tutti quanti. C'était bon. Jusqu'au merveilleux sushi aux fruits rouges. Un interminable rot salua le repas.

Puis, comme de bien entendu, nous jouâmes au gomoku, du nom japonais gomoku narabe (Kanji  : 五目並べ, littéralement, « alignement des cinq pions ») est le nom japonais  d'un jeu de plateau chinois,  nommé Wǔzi qí (五子棋), qui consiste à aligner 5 pions sur les intersections d'un plateau de wéiqí, 围棋). En France, on l'appelle le Darpion. Et c'est Amélie qui l'emporta.

Je regagnais la nuit. Je me sentais si proche de mes semblables, mes frères. Me vinrent ces vers de Kikaku :

              Nuit d'hiver - sans motif 
              j'écoute mon voisin